Nouvelle-Calédonie

Entre indépendance et ingérence : l’ombre de Bakou sur Nouméa

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Entre indépendance et ingérence : l’ombre de Bakou sur Nouméa

Un homme arbore un T-shirt “Groupe d’initiative de Bakou” pendant un rassemblement de partisans indépendantistes à Dumbea, en Nouvelle-Calédonie, le 23 mars 2024. © Delphine Mayeur/Hans Lucas/AFP

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Quel rôle joue l’Azerbaïdjan, pays du Caucase situé à 14 000 kilomètres de Nouméa, dans la crise qui frappe actuellement la Nouvelle-Calédonie ? Et qu’est-ce qui motive son soutien aux mouvements indépendantistes locaux ? Explications.


 

Trois drapeaux flottent dans le ciel troublé de Nouvelle-Calédonie. Les officiels, d’abord : ceux français et kanak, institués par les accords de Nouméa de 1998. Et un intrus : celui de l’Azerbaïdjan. Un signe révélant « qu’une partie des indépendantistes calédoniens [ont] fait un deal avec l’Azerbaïdjan », a dénoncé le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, le 16 mai sur France 2, pointant une « ingérence » de Bakou, capitale de ce pays du Caucase situé à 14 000 kilomètres de Nouméa. 

Les étranges accointances entre certains indépendantistes kanaks et l’Azerbaïdjan ne sont pas nouvelles. Le 18 avril déjà, l’élue indépendantiste kanake Omayra Naisseline signait un mémorandum liant officiellement le Parlement d’Azerbaïdjan avec le Congrès de la Nouvelle-Calédonie. Bakou rejette ces accusations, les jugeant « infondées ». Pourtant, via son « Groupe d’initiative de Bakou » (GIB), l’Azerbaïdjan jette de de l’huile sur le feu qui embrase le « Caillou » depuis le 14 mai et qui a entraîné la mort de sept personnes. Fondée en juillet 2023, cette organisation para-étatique se veut la chambre d’écho de l’ensemble des mouvements indépendantistes français, leur offrant par ailleurs une caisse de résonance par l’entremise de ses comptes sur les réseaux sociaux. Sur X (ex-Twitter), la page du GIB partage en vrac un post du très médiatique député La France Insoumise Louis Boyard, un éditorial de Jean-Michel Apathie du journal télévisé Quotidien, ainsi que des déclarations de soutien aux indépendantistes kanaks de diverses organisations, avec un certain succès.

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