Et si… l’humanité ne parlait qu’une seule langue ?

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Cet article est issu du numéro 28 de Philosophie magazine « 28 - avril 2009 », en kiosque le 26 mars 2009. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Une langue unique, le « global english », tend à s’imposer dans les échanges internationaux. La philosophe Barbara Cassin s’interroge : sommes-nous guettés par l’ennui ?

Imaginons que l’on parvienne à élaborer une langue de communication universelle et que celle-ci soit totalement réductible à la logique. C’était le rêve du philosophe allemand Leibniz. Il a appelé cette langue parfaite « caractéristique universelle ». L’humanité résoudrait alors de nombreux problèmes, notamment une certaine opacité des rapports humains. En effet, non seulement tout le monde se comprendrait, mais plus personne ne se tromperait sur ce que sont les choses. Chaque chose, chaque pensée et chaque mot seraient décompo-sables en éléments constitutifs : ce qui mettrait fin aux malentendus, sources de conflits. Dans ce meilleur des mondes unifié par l’entendement de Dieu, nous serions tous des monades entièrement communicantes, ordonnées par une volonté unique.

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