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“Et toi, tu boycottes quoi dans la vie ?” Vos réponses à notre question !

Temps de lecture : 3 min

“Et toi, tu boycottes quoi dans la vie ?” Vos réponses à notre question !

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Pour échapper à la question fatidique : « Que fais-tu dans la vie ? », nous vous avions proposé dans un récent édito de notre newsletter quotidienne de répondre à une autre interrogation pour briser la glace : “Que boycottez-vous dans la vie ?”

Nous vous remercions de vos nombreux retours qui nous ont permis d’identifier des préoccupations inédites, des comportements neufs – qui nous ont interpelé…et parfois amusé. Vos boycotts individuels s’inscrivent souvent dans un collectif, ce qui nous a permis de distinguer de grandes tendances. En voici quelque unes…

Une grande variété de boycotts, avec quelques récurrences

Les produits

Pour certains d’entre vous, c’est simple : « Je boycotte tout ! » Mais pour d’autres, il s’agit de choses concrètes et précises. Dans vos témoignages, vous ciblez des produits consommables – « le Nutella » et « les fruits et légumes pas de saison » –, ou des objets courants comme « le plastique », « les SUV », « la télé », « la radio ». Ces objets tangibles symbolisent des défiances plus vastes et se rattachent au boycott du matériel.

 

Les idées

La plupart d’entre vous boycottez des idées, des concepts, des informations : « le fast food », « la fast fashion », « CNEWS », « BFM » et « les jeux Olympiques bien sûr ». Beaucoup boycottent « les produits en provenance d’Israël » – un choix qui s’inscrit dans le mouvement propalestinien BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions). D’autres mentionnent « Facebook » « Twitter » ou de manière plus générale « les réseaux sociaux » pour leur côté « antisocial ». Malgré ces tendances qui sautent aux yeux, nous avons noté une grande diversité dans vos réponses : à vous lire, il semble qu’aucun objet, organisation ou concept ne soit à l’abri d’un boycott…

 

Les personnes

Vous n’avez pas pu vous empêcher de citer des personnes précises lorsqu’il s’agit du boycott. « Cyril Hanouna » est mentionné à plusieurs reprises. Et il y a ceux qui boycottent « les gens qui boycottent » ou qui « boycottent ceux qui ne boycottent rien ». Certains ont même partagé des fantasmes de boycott : « J’aimerais tant boycotter les mails de ma cheffe. » Et puis, il y a ceux pour qui le boycott ne connaît aucune limite : « Je boycotte ma mère. »

 

Petites leçons du boycott

Un refus silencieux et personnel

L’essence du boycott est intrigante, car paradoxale : passive mais active, négative mais volontaire, spontanée mais organisée, individuelle mais collective. Le caractère souterrain de cette forme de rébellion est particulièrement captivant. Le boycott est un refus quotidien mais discret. Personne ne va remarquer qu’individuellement vous n’achetez pas du Nutella, ou rares seront les personnes qui diront : « Ah ! Tu ne regardes pas Touche pas à mon poste ! » L’abstention est silencieuse, et individuelle. C’est un choix indépendant militant qui s’oppose à un courant et qui ne vise pas nécessairement à se faire remarquer.

 

Un collectif implicite

Ces choix personnels s’opposent à un collectif pour en rejoindre un autre : une communauté invisible. Ces refus volontaires font naître un sentiment d’appartenance. Vos réponses sont souvent suivies d’un « bien sûr », car, pour vous, certains boycotts relèvent de l’évidence : ils soutiennent des principes éthiques, moraux ou politiques partagés avec d’autres. Le boycott transcende la dichotomie individuel-collectif. Lorsque vous décidez de ne pas acheter une clémentine en provenance d’Israël, tous ces collectifs à l’initiative du mouvement BDS ne sont pas à vos côtés au moment de remplir votre chariot de course. Le collectif est bel est bien réel, mais il est implicite, sous-jacent.

 

Un détail qui en dit long sur notre identité

Dis-moi ce que tu ne fais pas et je te dirai qui tu es. Comment se peut-il qu’un détail périphérique puisse être si révélateur ? Ces petits choix de vie sont le reflet de nos opinions politiques, de nos valeurs morales, idéologiques, écologiques, etc. Ces habitudes sont ancrées dans nos quotidiens, et, au fond, ces refus décidés dans nos vies de tous les jours en disent plus sur ce que nous souhaitons être. Le boycott relève du choix, mais lorsque aucune alternative n’existe, le boycott devient impossible ou absurde : le boycott d’une activité rémunérée, des « mails de ma cheffe », du gaz russe, « des cons »…

 

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