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“Complément d’enquête” sur Cyril Hanouna : peut-on sortir de la société du spectacle ?

Temps de lecture : 6 min

“Complément d’enquête” sur Cyril Hanouna : peut-on sortir de la société du spectacle ?

Le présentateur Cyril Hanouna dans les coulisses de son émission “TPMP” aux studios de Boulogne, à Boulogne-Billancourt (92), en 2021. © Denis Allard/Leextra via opale.photo

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« Le nouveau parrain du PAF », l’épisode de l’émission Complément d’enquête consacré à Cyril Hanouna, a déçu de nombreux téléspectateurs. S’il est si difficile de s’en prendre à l’animateur, c’est parce que celui-ci incarne ce que le philosophe Guy Debord appelle « la société du spectacle » : un monstre fait pour renaître de ses cendres.


 

« C’est mon émission », a fanfaronné le présentateur de télévision Cyril Hanouna à propos de l’épisode à charge de Complément d’enquête (diffusé sur la chaîne France 2), dont il a lui-même fait activement la publicité sur les réseaux sociaux, allant jusqu’à se mettre en scène en train de le regarder sur X (ex-Twitter). Tout porte à croire que l’animateur vedette de la télévision française jouit et profite de la situation, vécue comme une aubaine pour faire encore davantage parler de lui. Comment se fait-il qu’un documentaire censé provoquer sa chute ait au contraire, semble-t-il, renforcé son pouvoir ?

Un cauchemar social

Le documentaire montre Hanouna en gourou dangereux, irascible et violent. Or, plus ce présentateur se montre fou, inconvenant et déplacé, plus son émission fonctionne. C’est le propre de la société du spectacle que d’être « le mauvais rêve de la société enchaînée », écrit Debord dans son célèbre essai, La Société du spectacle, publié en 1967. L’épisode de l’émission Complément d’enquête le montre bien : le petit théâtre orchestré par le présentateur avec à sa droite « ses chroniqueurs préférés », « la place de la potiche » (qui change souvent) ou encore celle de « la rieuse » (Valérie Benaïm), incarne cet envers déformé et grotesque de la réalité qu’est la société spectaculaire. Loin de desservir l’émission, l’agencement cruel et cynique contribue à créer ce que Debord appelle l’« allégresse carnavalesque » : une jubilation face à la dimension théâtrale du spectacle audiovisuel… qui peut expliquer le succès d’une audience grandissante (1 million de téléspectateurs en moyenne chaque soir), friande de discussions enflammées et de « moments de télé ».

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