Football / Éthique

Les classiques boycotteraient-ils le Mondial 2022 ?

Temps de lecture : 3 min

Les classiques boycotteraient-ils le Mondial 2022 ?

© taylanibrahim/iStockphoto

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article est issu du numéro 164 de Philosophie magazine « Réparer la Terre ? », en kiosque le 28 octobre 2022. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

La liste des villes qui refusent de mettre en place des fan-zones et des écrans géants pour diffuser les matchs s’allonge. Ces décisions posent un dilemme moral : devons-nous nous abstenir de regarder la Coupe du monde au bilan social et environnemental désastreux ? Réponses des classiques.

 

Connue pour son exigence, l’éthique kantienne est développée dans les Fondements de la métaphysique des mœurs (1785). Le philosophe allemand la résume sous la forme de ce qu’il a appelé un impératif catégorique. S’il en donne plusieurs formulations, la suivante est sûrement la plus intéressante pour réfléchir au boycott : « Agis de manière à traiter l’humanité aussi bien dans ta personne que dans celle d’autrui, jamais seulement comme un moyen, mais toujours en même temps comme une fin. » Une phrase qui nous invite à considérer tout être humain comme une fin en soi et non seulement comme un instrument, peu importe la situation dans laquelle nous nous trouvons. En tant qu’être raisonnable, l’homme est une personne : sa valeur est inestimable, et il ne peut donc être traité comme un objet. Cette dignité inaliénable de l’homme, le Qatar semble l’avoir déniée aux dizaines de milliers d’ouvriers utilisés comme des instruments, au péril de leur vie, pour bâtir huit stades monumentaux. Un kantien trouverait sans doute beaucoup à redire à l’organisation de ce Mondial – sur les plans écologique et politique –, mais, à lui seul, ce bilan humain serait rédhibitoire.

Cet article est réservé aux abonnés