Polémique

Coupe du monde de football au Qatar : un non-événement ?

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Des travailleurs passent devant un panneau de la Coupe du monde de la FIFA, à Doha (Qatar), le 16 novembre 2022

Des travailleurs passent devant un panneau de la Coupe du monde de la FIFA, à Doha (Qatar), le 16 novembre 2022. © David Gannon/AFP

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Alors que la Coupe du monde de football s’apprête à commencer, ce qui était supposé être une immense fête planétaire et le plus grand événement télévisé au monde ne semble guère soulever d’engouement parmi la population. Rejet, indifférence ou panne de désir ?

L’effet boycott n’explique pas tout

Certes, les scandales qui entourent cette Coupe du monde 2022 sont nombreux : soupçons de corruption dans la désignation du pays hôte, conditions de travail inhumaines sur les chantiers de construction, recours massif à la climatisation pour refroidir les stades, etc. Régulièrement jugée indécente, elle fait l’objet de divers appels au boycott à travers toute l’Europe, y compris auprès de chefs d’État. Mais ce rejet délibéré pour des raisons politiques et des scrupules environnementaux et moraux ne peut suffire à expliquer l’ampleur d’un désintérêt général auquel l’imminence de l’événement ne semble pas remédier. Sur place au Qatar, la ferveur ne semble d’ailleurs pas plus grande. Certes, des vidéos circulent ces derniers jours montrant bien des petits groupes de supporters arpentant les rues aux couleurs des différents pays participants, mais c’est manifestement le produit d’une promotion à la fois grossière et grotesque, mettant en scène des figurants costumés qui sont des travailleurs indiens rémunérés par le comité d’organisation – dont certains esprits sarcastiques prétendent même qu’ils seraient les derniers ouvriers survivants...

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