Analyse

Le boycott : pour des droits de l’homme pragmatiques

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Le boycott : pour des droits de l’homme pragmatiques

© Morning Brew/Unsplash

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Les campagnes d’appel au boycott des produits fabriqués par des prisonniers ouïghours, en Chine, connaissent un succès certain auprès des jeunes. C’est sans doute le signe d’un changement dans notre vision des droits de l’homme, plus proche des principes du pragmatisme américain que des grandes déclarations idéalistes.

 

Le footballeur Antoine Griezmann annonçait en décembre dernier rompre le contrat qui le liait avec l’entreprise Huawei, accusée de développer ses technologies de reconnaissance faciale sur les prisonniers ouïghours. Cette prise de position de la part d’une personnalité publique fait écho à un mouvement plus large de boycott, particulièrement populaire auprès de la jeune génération, et qui se joue sur les réseaux sociaux. Les marques Uniqlo, Nike, H&M, Fila, Huawei, aujourd’hui montrées du doigt, sont omniprésentes chez les jeunes. Le boycott constitue le socle d’une morale en action, capable de s’exprimer de manière concrète et de s’incarner dans le quotidien de chacun. Ceci rend l’adhésion à l’engagement d’autant plus fort. Un mécanisme est également à l’œuvre en matière de bien-être animal, où la proportion de conversions au végétarianisme et au véganisme au sein de la jeune génération dépasse de loin le reste de la population. Adhérer à des convictions auxquelles on peut donner corps : ce principe est au cœur du pragmatisme en philosophie.

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