Au bistrot

Être, c’est résister

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Être, c’est résister

© Corinne Mariaud pour PM

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Cet article est issu du numéro 29 de Philosophie magazine « 29 - mai 2009 », en kiosque le 30 avril 2009. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Philosophe de formation, connue pour son œuvre romanesque et poétique, Véronique Bergen prône une ouverture au champ des possibles, aux figures et aux inventions de l’Histoire.

Au moment où l’on découvre ses mitaines noires et les badges de Mylène Farmer épinglés sur sa veste, on se souvient qu’elle a dédié son dernier livre à Patti Smith : « Cette figure de pasionaria très engagée politiquement me plaît beaucoup. Patti Smith a réussi à fusionner l’énergie du rock et celle de la poésie », raconte Véronique Bergen. Ce genre de passerelles entre les styles et les disciplines, la jeune femme aux boucles brunes et aux grands yeux bleus en est friande. Une métaphore évocatrice, « fleuve de cendres », titre du roman qu’elle a publié l’année dernière, donne la mesure de cette circulation entre les matières – ici, l’eau et la cendre. Là, la fiction et la philosophie : tout à la fois romancière, poétesse et philosophe, Véronique Bergen, née à Bruxelles en 1961, creuse, depuis une quinzaine d’années, une œuvre transversale hantée par de nombreux personnages. Ses livres sont reliés par une même croyance en l’écriture, entendue comme un matériau et non comme un véhicule, comme un creuset où se mettent en forme des questions existentielles et métaphysiques. Après plusieurs années d’enseignement, elle a fait le choix radical de se vouer exclusivement à sa plume. « Du possible, sinon j’étouffe », cette aspiration de Kierkegaard, que Deleuze – à qui Véronique Bergen a consacré sa thèse de doctorat soutenue à Paris-8, L’Ontologie de Gilles Deleuze – aimait à citer, devient son credo lorsqu’elle écrit. Pour ne pas asphyxier.

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