Humeur

Évaluation, piège à cons ?

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Cet article est issu du numéro 17 de Philosophie magazine « 17 - mars 2008 », en kiosque le 28 février 2008. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Démocratique, car elle privilégie les mérites d’un individu plutôt que sa naissance, l’évaluation reste pourtant subjective et peu fiable. Et si, au lieu d’encourager une politique du chiffre, elle était mise au service du (bon) sens ?

Après les lycées, les hôpitaux et les salariés, voici venir le tour des enseignants, des psychothérapeutes et des ministres. Désormais, qu’on se le dise, tout peut et doit s’évaluer ! La « culture » de l’évaluation n’a plus aucune limite. Tous les domaines de l’existence sont concernés : le privé comme le public, l’économique comme le médical, le psychique comme le politique. Y a-t-il péril en la demeure ? Il faut le croire, si l’on s’en tient aux réactions suscitées par l’annonce récente du gouvernement, qui entend faire mesurer les performances de ses ministres par des cabinets privés. « Quoi ?, a-t-on entendu, il faudrait substituer au contrôle démocratique, qu’exercent Parlement, médias et citoyens, une surveillance technocratique coupée de l’intérêt général ? N’est-ce pas une trahison du service public, un pas vers sa privatisation, un sacrifice de plus à l’idéologie de la performance ? » Face au danger, que les consciences se réveillent et se drapent dans leur vigilance critique !

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