Excentrique ironie

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Cet article est issu du numéro 10 de Philosophie magazine « 10 - juin 2007 », en kiosque le 31 mai 2007. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

L’ironie est en marche. Sa silhouette est boiteuse ; sa temporalité, dilatoire ; sa route, oblique ; son pas, de côté. Cette claudication fondamentale sert de ligne directrice au stimulant et original essai de Sébastien Rongier, De l’ironie. Enjeux critiques pour la modernité, publié par les éditions Klincksieck. Rappelant une « énigme » posée par Maurice Merleau-Ponty lors de sa leçon inaugurale au Collège de France  « La claudication du philosophe est sa vertu » –, le jeune auteur, tout en décryptant l’épineuse aventure de cette notion, pointe du doigt la charge critique, dynamique, de l’ironie, et le rôle majeur, productif, qu’elle pourrait jouer dans le monde contemporain : « La claudication ironique se confronte au monde tel qu’il est, au monde comme il va. C’est une démarche en retard et en flottement, qui questionne et critique les formes de certitudes sensibles. Elle renverse les reconnaissances univoques et immédiates car elle est à l’oblique des regards aussi sûrs d’eux que du monde qu’ils contemplent. Ce qui claudique dans la boiterie de l’ironie, c’est le monde. »

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