Pensée d'ailleurs
Faamu
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Cet article est issu du numéro 72 de Philosophie magazine « 72 - septembre 2013 », en kiosque le 22 août 2013. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Ce terme désigne à Tahiti un enfant donné mais pas abandonné. De quoi éclairer sous un nouveau jour les théories des échanges.
C’était un séminaire à Papeete, en 1995, avec, au programme, les spécificités polynésiennes. C’est là que j’ai entendu parler des enfants faamu. Le mot signifie en tahitien « nourrir ». Un enfant, donc, que l’on donne à une famille afin qu’elle le nourrisse – enfant adopté, à ceci près que l’enfant faamu continue à entretenir des relations avec ses parents biologiques, ses parents fanau. L’enfant est donné, et non abandonné – ce qui rappelle d’autres coutumes d’enfants donnés à des couples infertiles, en Afrique et au Maghreb. À la différence qu’un couple tahitien peut « donner » un enfant à des grands-parents ou à un couple ami, pas forcément stérile et, plus tard, « adopter » à son tour, d’une autre famille, un autre enfant faamu.