La galaxie Aristote
Faire feu de tout bois
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Cet article est issu du numéro 129 de Philosophie magazine « À la recherche de l’esprit européen », en kiosque le 20 avril 2019. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Il a embrassé des domaines de réflexion aussi variés que la politique, la physique, le mode de vie des abeilles et la tragédie. Sa pensée n’a cessé d’irriguer toute l’histoire des sciences et de la philosophie occidentales. Les raisons d’un tel succès ? Une observation précise du réel et sa structuration par la logique.
Ceux qu’il a lus
Parménide (v. 515-v. 440 av. J.-C.)
Au début de la Métaphysique, Aristote rend hommage à Parménide : « Parménide pourtant semble raisonner avec plus de pénétration. Persuadé que, à côté de ce qui est, ce qui n’est pas n’existe pas, il pense que nécessairement il n’y a qu’une chose, l’être, et qu’il n’y a rien d’autre. Mais, contraint de suivre les faits observés, il admet l’existence de ce qui est un pour la pensée, mais multiple pour la sensation. » Contrairement à la plupart des Éléates, courant créé par Parménide, Aristote admet la validité de l’expérience des sens face aux aberrations auxquelles peut mener le raisonnement pur.
Empédocle (v. 490-v. 435 av. J.-C.)
De l’œuvre du poète, philosophe et médecin grec, il ne reste que des fragments cités essentiellement par Aristote dans sa Métaphysique. On ne peut manquer de noter l’importance que tous deux accordent à la notion d’amitié, de philia, qui a un sens bien plus étendu que celui que nous lui accordons. Pour Empédocle, la philia est une force, un lien de cohésion entre les quatre éléments du cosmos, l’eau, la terre, le feu et l’air, par opposition à la haine, neikos, force de dislocation. Aristote, lui, fait de la philia l’élément de cohésion des communautés politiques