Faut-il avouer ses infidélités ?

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Cet article est issu du numéro 7 de Philosophie magazine « 7 - mars 2007 », en kiosque le 22 février 2007. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Emmanuel Kant préconise de ne jamais mentir, mais il est des cas où dire la vérité serait faire preuve de cruauté… Pour s’y retrouver, une seule boussole : la volonté de faire le moins de mal possible à l’autre.

 

Les amateurs de statistiques avancent parfois que l’allongement de la durée de vie, l’amélioration de la condition physique jusqu’à un âge avancé, voire l’irruption du Viagra sur la scène des performances sexuelles, rendent de plus en plus improbable l’existence de couples stables qui partageraient, au bas mot, une bonne cinquantaine d’années d’existence et de fidélité communes. Le divorce demeure une possibilité. L’infidélité en est une autre et peut mener au divorce. Au sein d’un couple stable, l’infidélité pose en tout cas automatiquement la question de savoir s’il faut toujours avouer ses tromperies à son partenaire.

Un éclaircissement semble de mise. Il concerne l’idée même de partenaire. On peut distinguer trois types de cas : celui du couple marié, lié à la fois par une promesse de fidélité et par un engagement contractuel interdisant l’adultère devant la loi ; celui du partenaire d’un couple hors mariage qui a promis fidélité ; celui, enfin, du partenaire qui n’a rien promis. Ce dernier cas pose le problème épineux de ce que l’on peut appeler la « spécialisation induite ». Le commerce régulier, qu’il soit affectif et/ou sexuel, avec un partenaire induit inévitablement la « spécialisation » de ce partenaire, qui délaisse à votre profit d’autres occasions de rencontre ou de vie commune, et qui finit par se « spécialiser » envers vous, exactement comme une entreprise qui n’a qu’un seul partenaire engage toute une série d’investissements pour maximiser ce commerce. Or l’entreprise comme l’individu tombent de haut si leur partenaire exclusif s’efface brutalement.

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