Éthique / Affaire Snowden
Faut-il vraiment choisir entre la culpabilité et l’héroïsme ?
Manifestation à Berlin, contre la surveillance d'État, le 27 juillet 2013 (cc) mw238 / Flickr
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Cet article est issu du numéro 72 de Philosophie magazine « 72 - septembre 2013 », en kiosque le 22 août 2013. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Le cas du lanceur d’alerte Edward Snowden invite à réfléchir à la dose de courage qu’il faut pour s’opposer activement à des ordres illégaux au sein d’une organisation bureaucratique.
Le 8 juillet dernier, Edward Snowden, l’ancien informaticien américain employé par des sous- traitants de la National Security Agency (NSA) et de la CIA, qui a révélé au printemps plusieurs programmes de surveillance massifs ciblant les citoyens américains, la Commission européenne et le reste du monde, s’est vu décerner un prix hautement paradoxal : le Sam Adams Award. En France, ce fait n’a pas été relevé. Il s’agit pourtant d’un prix attribué chaque année par un jury d’officiers de la CIA à la retraite à une personne ayant fait preuve d’« intégrité dans le domaine du renseignement ». On croirait presque à un canular : il n’y a qu’aux États-Unis que d’anciens espions récompensent de jeunes collègues pour avoir fait preuve d’une éthique hors du commun.