François Roustang : « Il faut être un peu culotté »
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Cet article est issu du numéro 41 de Philosophie magazine « 41 - été 2010 », en kiosque le 01 juillet 2010. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Pour ce praticien et théoricien de l’hypnose, une décision radicale, mais surtout pas rationnelle, est nécessaire.
Dans votre livre Il suffit d’un geste, vous constatez qu’une thérapie brève ou un seul acte juste peuvent réorienter un chemin de vie…
Oui, mais cela ne surgit pas ex nihilo.
Il faut d’abord que la personne qui cherche à changer n’en puisse plus, qu’elle ne supporte plus le mode de vie, la manière de penser et d’agir qui précédaient.
Quelque chose a mûri dans l’impossibilité de continuer sur le même système.
À ce moment, une décision peut-elle être prise ?
Mais c’est tout sauf une décision rationnelle ! Une deuxième condition pour que survienne ce changement est de vivre un état de transe qui nous fait entrer dans un jeu de rapport différent du rapport moyen-fin, explication-délibération. C’est comme si on se laissait choisir plutôt qu’on ne choisissait. Impossible d’opérer une transformation décisive s’il n’y a pas cette expérience.