Cinéma
“Freud, la dernière confession” : divan contre divin
Freud, la dernière confession. De Matt Brown. ©Condor Distribution
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Cet article est issu du numéro 190 de Philosophie magazine « Comment se changer les idées ? », en kiosque le 28 mai 2025. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Un professeur d’Oxford s’est rendu chez Freud, à Londres, quelques jours avant sa mort. Cette information est documentée, mais l’identité du visiteur reste inconnue. Le dramaturge Mark St. Germain s’est nourri de ce mystère pour imaginer la rencontre (fictive, donc) entre le père de la psychanalyse (incarné par Anthony Hopkins, lui ressemblant à s’y méprendre) et Clive Staple Lewis (Matthew Goode), un auteur de fiction connu pour Le Monde de Narnia. Membre d’un cercle littéraire formé à Oxford avec J. R. R. Tolkien – les « Inklings » –, soldat traumatisé par la Première Guerre mondiale, Lewis s’est converti au christianisme et a publié des essais apologétiques. La religion occupe d’ailleurs une majeure partie de leur échange en quasi-huis clos. Le réalisateur Matt Brown a conservé dans son scénario une forte dimension théâtrale : l’unité de lieu du célèbre bureau avec ses statuettes et son divan ; un nombre de personnages réduits, auxquels il a ajouté la fille de Freud, Anna, et sa compagne Dorothy Burlingham ; une unité de temps, puisque tout se déroule au cours d’une journée (même si le cinéaste a multiplié les flash-backs qui entrecoupent trop systématiquement la conversation). Freud a défendu la thèse selon laquelle la croyance en Dieu était celle d’un enfant recherchant le réconfort d’un père de substitution. À ce procès en infantilisme, C. S. Lewis, l’ancien athée, rétorque en rappelant les « fondements du christianisme » – il a donné des entretiens sur le sujet lors d’émissions populaires à la BBC, dans les années 1940. Pour lui, la religion offre un récit merveilleux et une consolation à la souffrance… consolation que le psychanalyste (dépendant à la cocaïne) appelle, lui, illusion !