Hors-série : "La puissance des femmes"

Gargi Vachaknavî et Maitreyî : la pensée indienne au féminin

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Cet article est issu du Hors-série n°N° 43 de Philosophie magazine « La Puissance des Femmes. Une autre histoire de la pensée », en kiosque le 17 octobre 2019. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Si les noms de plusieurs femmes philosophes de la Grèce antique sont connus, l’Inde a aussi vu naître de célèbres penseuses, dont Gargi Vachaknavî et Maitreyî. Toutes deux apparaissent dans les Upanishad, où elles questionnent leurs pairs en sagesse. Une position presque socratique.

 

Il y eut de nombreuses femmes philosophes dans la Grèce antique. Dans l’Inde, pendant toute la période védique (du xve au vie siècle avant J.-C.), le statut des femmes était différent de celui qui prévaudra dans ce « club d’hommes » qu’est la cité grecque, car il semble qu’elles aient bénéficié alors d’une totale parité avec les hommes et eu accès à l’instruction, ce qui explique que plusieurs femmes fassent leur apparition dans les Upanishad, les commentaires des Védas. C’est en particulier le cas de Gargi Vachaknavî et de Maitreyî, qui furent considérées, à l’égal des hommes, comme des sages.


Dans la Brihadaranyaka Upanishad (Upanishad du Grand Livre de la forêt), qui date des VIIIe-VIIe siècles avant J.-C., est décrit un congrès philosophique organisé par le roi Janaka de Videha, un royaume situé au Népal qui était alors un centre culturel et politique important. Un sage renommé, Yâjñavalkya, y participait, avec lequel d’autres sages – dont Gargi – entrèrent en débat.
 

Gargi commence par demander à Yâjñavalkya ce qui donne cohésion à l’eau, à l’air, au soleil, à la lune, aux étoiles, au monde des dieux, et se satisfait des réponses qui lui sont données. Mais elle veut encore savoir ce qui donne cohésion au monde d’Hiranyagarbha, l’« œuf d’or », d’où est sortie la création. À quoi Yâjñavalkya répond : « Ne pousse pas ton enquête trop loin, ô Gargi, tu vas y perdre la tête. Tu poses des questions à propos d’une entité divine, laquelle se prête mal au raisonnement. Ne pose donc pas trop de questions. »
 

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