Gaston à la lumière de Guy Debord

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Le 27 juillet 1957, quelques mois après l’apparition de Gaston dans le Journal de Spirou, paraît le Rapport sur la construction des situations de Guy Debord, acte de naissance du mouvement situationniste. Un appel à révolutionner le quotidien… auquel ne cesse de faire écho le personnage de Gaston, situ à son insu.

« Je ne suis pas un révolutionnaire qui brasse des idées pour refaire le monde. On ne le refera pas, le monde ! », déclare Franquin (in Signé, entretien avec Philippe Vandooren, éd. Dupuis, 1992). Nous voilà avertis. Si Gaston partage les passions politiques de son créateur, qui sont celles des années 1960 – anti-autoritaire, anti-militariste, écologiste, libertaire et hédoniste –, ce n’est pas un héros politique. Ou du moins pas politique au sens convenu du terme. Il ne cherche pas à prendre ou à renverser le pouvoir. Il ne tient pas un discours sur la Cité. Et il ne se révolte pas contre le monde tel qu’il est. Pourtant, il y a dans son geste une dimension profondément subversive qui entre en résonance avec les révoltes qui ont égrené les années 1960 jusqu’à l’explosion de Mai.

Pour le comprendre, replongeons-nous dans le mouvement qui a eu le plus d’influence sur la jeunesse de l’époque : le situationnisme de Guy Debord, Raoul Vaneigem et consorts. Marxistes, révolutionnaires, défenseurs d’un communisme des conseils, les « situ » infléchissent la critique du capitalisme et de la société bourgeoise dans le sens d’une dénonciation de la « société du spectacle », jugée coupable d’entretenir la séparation et l’aliénation des individus.

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