Gaston à la lumière de Kymlicka-Donaldson
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En 2011, les philosophes Will Kymlicka et Sue Donaldson publient un livre fondateur, Zoopolis , qui introduit le concept de citoyenneté animale dans le débat sur le droit des animaux. Sans les attendre, Gaston explorait déjà les relations de coopération que nous pouvons nouer avec les animaux au travail, dans la rue, à la campagne. Tout bêtement.
« Entre amis, on se rend de petits services, hihihi ! » C’est ainsi que Gaston se réjouit d’avoir su faire travailler les merles du quartier venus lui rendre visite à son bureau : en enfonçant les touches des lettres pour picorer les graines que Gaston a déposées sur sa machine à écrire, ils produisent un bruit de frappe qui fait croire à Fantasio, dans le bureau voisin, que Gaston est en plein travail. « Se rendre de petits services », la formule mérite d’être retenue. Car Gaston et les animaux ne cessent de se rendre service et de coopérer. Gaston prend soin d’eux – en repeignant par exemple son bureau en vert prairie pour la vache qu’il y accueille et en fabriquant un train électrique qu’elle pourra regarder passer : « Elle s’ennuyait dans ce bureau. Mets-toi à sa place ! », dit-il à Fantasio. Il leur destine également nombre de ses inventions, comme le fusil de chasse qui tire des carottes pour nourrir les lapins. Ne reculant pas devant les incongruités, il apprend à un homard à trier le courrier et à goûter la musique. Il incite les animaux à s’entendre et à s’apprendre des choses mutuellement ; c’est ainsi que, grâce à un savant dispositif technique et corporel, le chat et la mouette apprennent à la souris à plonger et à nager dans un bocal de poissons rouges.