Regard sur…

Renoir, la lumière et la grâce

Temps de lecture : 5 min

Pierre-Auguste Renoir, “La Danse à Bougival”, 1883. Huile sur toile, 98 x 182 cm, exposé au Museum of Fine Arts de Boston

Pierre-Auguste Renoir, “La Danse à Bougival”, 1883. Huile sur toile, 98 x 182 cm, exposé au Museum of Fine Arts de Boston. © Boston Museum Of Art

Cet article est réservé aux abonnés.

Le 25 février 1841 naissait Pierre-Auguste Renoir, impressionniste réaliste et peintre de la lumière, dont on pourrait bien envisager l’œuvre comme une cure de luminothérapie. L’occasion de faire un arrêt sur la notion de lumière et ses vertus.

 

Illuminer les couleurs

D’un point de vue optique, la lumière permet de mieux voir. Pour Renoir, un sujet n’apparaît pas de la même manière à l’œil s’il est peint dans l’intérieur d’un atelier ou en plein air sous l’éclairage de la lumière blanche du soleil, composée, comme l’a montré Newton, d’un mélange de couleurs pouvant subir diverses modifications : réflexion, réfraction, diffraction… Renoir joue avec ce phénomène de réflexion à la surface d’un objet, permettant tantôt de « déboucher les ombres » pour en faire apparaître les contours, tantôt de créer, selon son intensité, une nuance dans la perception réelle ou bien subjective des couleurs sur la rétine.

Renoir affirme, à propos de la neige, que le « blanc n’existe pas dans la nature ». Selon le peintre, faire apparaître sa lumière consisterait plutôt à faire ressortir les couleurs du prisme lumineux dérobées à l’œil humain, par sa réflexion totale sur la surface de la neige, pour mieux imaginer celles qu’il voudrait voir, selon ses émotions : « Vous admettrez qu’il y a un ciel au-dessus de la neige. Votre ciel est bleu. Ce bleu doit apparaître sur la neige. Le matin, il y a du vert et du jaune dans le ciel. Ces couleurs devraient également apparaître sur la neige si vous avez peint votre tableau le matin. Si vous l’aviez fait le soir, il aurait fallu du rouge et du jaune. » (Écrits et Propos sur l’art). Ainsi, dans la série des Paysages (1870-1875) de Renoir, la neige sur laquelle le ciel déteint nous paraît blanche et bleue.

Cet article est réservé aux abonnés