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Et si l’on changeait la couleur de nos yeux ?

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Et si l’on changeait la couleur de nos yeux ?

© Amanda Dalbjorn/Unsplash

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Qui n’a jamais rêvé de troquer la couleur de ses yeux pour une autre, jugée plus attrayante ? C’est ce que proposent désormais certaines entreprises comme Neoris. Et si, au contraire, la couleur des yeux cachait plus qu’elle ne révélait l’intériorité des êtres ?

 

Vous trouvez vos yeux marron un peu trop communs ? Vous rêveriez de beaux yeux bleu-vert translucides ? Des techniques innovantes pourraient bien réaliser ce fantasme. « C’est en 2013 que le Dr. Ferrari réalise une première mondiale : changer la couleur des yeux par kératopigmentation. Concrètement, il a permis à une patiente de réaliser son rêve, en changeant la couleur de ses yeux du brun au vert », explique la firme Neoris. L’exemple évoqué – du marron au vert – n’est pas anodin. Dans le panel des couleurs d’iris, le bleu et le vert sont préférés aux autres teintes par les clients qui sollicitent l’entreprise.

Un atout social

Plus qu’une supériorité intrinsèque du bleu ou du vert, il faut certainement voir dans cette préférence un effet de rareté. Adam Smith n’écrivait-il pas que « la rareté ajoute encore extrêmement au mérite de […] la beauté », dans ses Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations (1776) ? Avoir les yeux bleus ou verts, c’est se sentir davantage unique,  appartenir à un cercle fermé, et même à une catégorie en voie de disparition, puisque ces couleurs sont amenées à diminuer quantitativement sur la planète. Pour l’heure, des yeux bleus ou verts sont à n’en pas douter un atout dans nos sociétés. 

Bleu ou noir, ils sont réputés jouer un rôle de premier plan dans la séducation. « Tu as de beaux yeux... » Trait  extérieur, on en fait la porte de l'intériorté. « Les yeux sont le miroir de l’âme », dit le proverbe. Il s’agit en réalité de la déformation d’un passage du De oratore (III) de Cicéron : « Les yeux ont aussi un grand rôle à jouer : ils sont les interprètes de l’âme, si le visage en est le miroir. » La beauté des yeux que je contemple serait-elle, alors, le révélateur de ce que la personne face à moi, tout entière, est belle ? Les deux dimensions ne vont pas forcément bien ensemble : si l'autre est happé, captivé par la beauté séduisante de mon iris, ne risque-t-il pas, focalisé sur un traits physique - un détail, qui plus est, de mon anatomie - de passer à côté de moi, du sujet impalpable que je suis en-deçà ou au-delà de mon enveloppe corporelle ?

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