Cinéma
“Get Out”. La peur en noir et blanc
Daniel Kaluuya dans Get Out de Jordan Peele © Universal Pictures
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Cet article est issu du numéro 109 de Philosophie magazine « Travail, je t'aime (moi non plus) », en kiosque le 27 avril 2017. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Rarement film n’a exposé aussi frontalement la violence du racisme. Avec “Get Out”, le cinéaste américain Jordan Peele réalise un film d’horreur, démontant par l’effroi les tréfonds du “rêve blanc”. Succès aux États-Unis, le film sort en France le 3 mai.
Le racisme ne cesse de se rappeler à l’Amérique comme un cauchemar. Le cinéaste américain Jordan Peele en expose brusquement toute la violence dans Get Out. Un film d’horreur, littéralement. Tout débute comme une histoire d’amour entre la belle Rose Armitage (Allison Williams) et le photographe afro-américain Chris Washington (Daniel Kaluuya). Invité pour la première fois chez ses beaux-parents – père neurochirurgien qui « aurait voté pour Obama une troisième fois s’il avait pu » et mère hypnothérapeute –, le jeune homme est reçu dans leur maison isolée à l’occasion d’une fête de famille. Peu à peu, dans cet univers clos, la bienveillance vire au paternalisme d’ancien esclavagiste. Chris devient-il paranoïaque, échaudé par son expérience répétée du suprématisme blanc, ou pressent-il un véritable danger ? Un soir, la mère de Rose (Catherine Keener) entend aider Chris à arrêter de fumer en le soumettant à une séance d’hypnose, dont Chris ignore les effets véritables. Le film plonge alors dans une atmosphère hallucinée.