Hors-série n° 31, hiver 2016

Harry Potter à l’école des philosophes

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Harry Potter à l’école des philosophes

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À l’heure où les frasques du fils de Harry Potter font la Une, les philosophes s’interrogent dans nos pages : Quelle est la différence entre une baguette magique et un smartphone ? Qui saura répondre à la question de Harry sur la différence entre le réel et ce qui se passe dans sa tête ? Ses aventures pourraient-elles fournir un commentaire au “Capital” de Karl Marx ? Et pourquoi n’y-a-t-il pas d’enseignement de la philosophie à Poudlard ? En kiosques depuis le 13 octobre 2016.

Un monde de magie

Pour les Moldus qui scrutent les aventures de Harry Potter pour comprendre la magie, que représente-t-elle ? Une parabole critique sur la toute-puissance de la technique ? Ou l’évocation à peine voilée d’un monde à deux vitesses partagé entre ceux qui savent et les autres ? Pour le philosophe et spécialiste du cinéma Ollivier Pourriol, « Maîtriser les signes, c'est gouverner le monde. Qui veut devenir magicien devra donc séjourner longuement à l'école. »

De la nature du Mal

De tous les représentants du Mal dans la littérature, Voldemort n’est certes pas le plus terrifiant. Ici, le Mal est subtil et le Bien, moucheté de noir. Mais si les Détraqueurs et Mangemorts, entre Guépéou et Gestapo, jettent une ombre sinistre sur les collégiens de Poudlard, fraternité et résistance donnent une excellente leçon de défense contre les forces du Mal. Et surtout remarque Frédérique Leichter-Flack : « Comprendre que celui qu’on prenait pour un méchant est en fait celui dont la contribution au bien commun est la plus grande compte énormément dans le développement moral d’un adolescent. » 

Tu seras un homme, mon fils

Comment devenir adulte dans un monde qui s’emploie à gommer les frontières entre générations ? La recette pottérienne est simple 1) affronter le réel, à commencer par ce que furent ses père et mère. 2) accepter sa part d’obscurité. 3) être à la hauteur de l’amitié, la sienne et celle des autres. Et se souvenir du principe sartrien selon lequel, rappelle Marianne Chaillan, « un individu n’est rien sinon la somme de ses actes ».

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