Santé/Sexualité
Covid-19 : embrassez qui vous voudrez ?
© Jesus Merida/SOPA
Cet article est réservé aux abonnés.
Cet article est issu du numéro 140 de Philosophie magazine « 140 - juillet 2020 », en kiosque le 18 juin 2020. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Faut-il redouter qu’un nouveau climat d’austérité sexuelle ne s’instaure à la suite de la crise sanitaire ? Rien n’est moins sûr si l’on se réfère au concept de « désirabilité du désir » créé par le philosophe Harry Frankfurt.
« Limiter le nombre de partenaires », « favoriser la sexualité virtuelle », « embrasser le moins possible », « prendre une douche avant et après le plan »… Ce sont quelques conseils que l’association Aides – pourtant peu versée dans le puritanisme mais forte d’une expertise de prévention des risques acquise dans la lutte contre le sida – délivre sur son site pour « réduire les risques de transmission du Covid-19 dans le cadre sexuel ». Est-ce à dire que, loin de rimer avec l’embrasement des corps, la liberté de mouvement retrouvée avec le déconfinement pourrait impliquer un retour de l’austérité sexuelle ? En Grande-Bretagne, le gouvernement a fait passer une mesure interdisant à une personne de se rendre à une réunion privée ou publique impliquant deux autres personnes ou plus… ce que la presse a moqué comme un sexban, « une interdiction de s’envoyer en l’air ».