Biologie
À la recherche du troisième sexe
© Sam Thomas/Istock
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La biologie contemporaine s’est efforcée de montrer que la question du « sexe biologique » est plus complexe qu’il n’y paraît : partout dans le vivant, certains individus manifestent des caractères à la fois masculins et féminins. Cependant, ces découvertes ne reconduisent-elles pas la binarité de la sexuation ? Réponse avec le philosophe Gilbert Simondon.
Difficile de retenir une légère déception à la lecture de l’étude menée par le biologiste Hisayoshi Nozaki et son équipe. Car, en matière de « troisième sexe », la Pleodorina starrii témoigne plutôt de l’existence d’individus possédant des cellules à la fois mâles et femelles. Y a-t-il vraiment matière à s’étonner ? Comme le rappelle la journaliste Julie Kern, « des plantes portent à la fois des organes mâles et femelles, des poissons changent de sexe au cours de leur vie ». Sans même évoquer, chez l’homme, le cas des personnes intersexes possédant un phénotype double. La question de la sexualité biologique est beaucoup plus complexe qu’un binarisme simple – la chose est particulièrement frappante dans le cas de l’algue des lacs Sagami et Tsukui, où le « troisième sexe » n’est pas une exception mais un cas de figure normal. Reste que toutes ces exceptions semblent reconduire ce qui prévaut dans la majorité entre les individus au sein des individus eux-mêmes : la bi-sexuation.