Intervention
Hartmut Rosa: “Les vacances participent de l’accélération généralisée”
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Cet article est issu du numéro 51 de Philosophie magazine « 51 - été 2011 », en kiosque le 30 juin 2011. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Selon le sociologue allemand Hartmut Rosa, pour échapper à la frénésie générale, il faut réussir à entrer vraiment en résonance avec le monde.
L’été est-il un moment de décélération ?
C’est évident dans l’hémisphère nord : il y a décélération collective. Les gens se rendent à la mer ou à la montagne, dans des sites naturels censés symboliser la majesté et la lenteur. Devant le sable et l’immensité, on croit faire l’expérience d’une intemporalité. Et pourtant, un doute s’immisce : la mer où je me baigne serait-elle polluée ? Les glaciers fondraient-ils ? Tout le paradoxe de cette pause estivale, c’est qu’on s’en va chercher des oasis de décélération et qu’on s’aperçoit que le rythme de la globalisation les a contaminées.
Donc, on ne décélère jamais vraiment ?
Il paraît plus approprié de parler de décélération stratégique ou fonctionnelle. Pourquoi partir en vacances ? Pour revenir reposé, être plus efficace durant le reste de l’année. La pause relance l’énergie des compétiteurs. C’est un ingrédient de l’accélération plus qu’un réel retour au calme.