Cinéma

“Hurlevent” sur les écrans : un contre-sens phénoménal

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“Hurlevent” sur les écrans : un contre-sens phénoménal

Hurlevent avec Jacob Elordi et Margot Robbie. © 2025 Warner Bros. Entertainment Inc

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En adaptant au cinéma Les Hauts de Hurlevent d’Emily Brontë, le film qui sort aujourd’hui sur les écrans ne réduit pas seulement ce classique de la littérature à une romance sexuelle — ce qui n’a rien à voir avec son contenu ni avec son autrice. Il trahit le thème central de cette œuvre fascinante : le vent. Une critique très critique inspirée par Gaston Bachelard.


 

De la scène de sexe bestiale entre domestiques entrevue à travers les lattes du parquet dans une écurie remplie de cravaches aux ébats frénétiques et saccadés des personnages principaux, en passant par les plans très serrés sur des baisers trop gluants pour être sensuels… La nouvelle adaptation cinématographique des Hauts de Hurlevent (Hurlevent) réalisée par Emerald Fennell semble beaucoup plus inspirée par 50 Nuances de Grey, que par l’unique roman d’Emily Brontë, connue pour être la plus sérieuse mais aussi la plus sombre et la plus torturée de la célèbre famille d’autrices de génie. 

Péché de chair

Les Hauts de Hurlevent n’ont absolument rien d’une histoire de sexe.  Il ne s’agit même pas non plus d’une histoire de chair et de sang. Les héros sont au-delà de l’humanité. Et c’est justement cette dimension inhumaine, fantomatique et grandiose, qui fait toute la puissance de ce chef-d’œuvre, composé comme une sorte de cri onirique sorti du fond des âges par une femme de 29 ans.

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