Ivo van Hove, “avocat de l’inoubliable”

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“De Dingen Die Voorbijgaan” d’après Louis Couperus - Mise en scène d’Ivo van Hove © Christophe Raynaud de Lage / Festival d'Avignon

De Dingen Die Voorbijgaan d’après Louis Couperus - Mise en scène d’Ivo van Hove © Christophe Raynaud de Lage / Festival d'Avignon

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En adaptant un roman de l’auteur néerlandais Louis Couperus, Ivo Van Hove explore avec brio les affres du passé et le poids des héritage, au Festival d’Avignon.

« Dans notre famille, on ne vit pas. On a vécu », écrit Louis Couperus (1863-1923), le Proust néerlandais, inquiet de passage du temps et critique acerbe de la famille et des mœurs. En adaptant, l’un de ses derniers romans, Ivo van Hove réalise un nouveau coup de maître, au Festival d’Avignon. Il expose à son tour dans De Dingen Die Voorbijgaan [Les Choses qui passent] le poids des héritages et le drame des non-dits. 

Son génie de la mise en scène magnifie le style de l’auteur et rend grâce à l’implacable mécanique qu’il décrit. Sur un plateau épuré, prolongé au fond par un immense miroir, une horloge est dressée au centre. Pour jouer de cette machinerie faite de cloches, de carillons, de glockenspiel et de pendules, un musicien, Harry De Wit. Tout au long du spectacle, ses rythmes mesurent « ces choses qui passent », ce temps qui « se ruine dans la fugacité ». Inéluctablement, il défile emportant chacun dans sa course. Les merveilleux comédiens du Toneelgroep écoulent leur texte avec une précision extraordinaire, tendant tragiquement à la résolution d’une histoire, dont le cours échappe aux protagonistes. Elle repose sur un secret. Depuis soixante ans, Ottie Dercksz vit avec la culpabilité d’avoir assassiné son mari pour vivre l’amour avec son amant, Emile Takma. Ce meurtre fondateur maquillé en accident, jamais révélé et jamais jugé, pèse sur la famille et sur la matriarche comme une malédiction, digne des antiques. La mort suspendue au-dessus de la vieille Ottie presse la révélation du secret. 

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