Rythmes scolaires / France
Jean-Claude Quentel : “L’enfant n’analyse pas le temps par lui-même”
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Cet article est issu du numéro 67 de Philosophie magazine « 67 - mars 2013 », en kiosque le 21 janvier 2013. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
La réforme présentée par le ministre de l’Éducation nationale suscite la grogne. Pour le psychologue Jean-Claude Quentel, cette question cache celle, plus fondamentale, de notre conception de l’enfance.
Vous considérez le débat sur les rythmes scolaires, suscité par l’allongement de la semaine d’école à quatre jours et demi, mal posé. Pourquoi ?
Jean-Claude Quentel : Un glissement s’est opéré à partir de la polysémie du mot « rythme ». Ce dernier renvoie à une régularité physique et biologique, qui conduit à une conception médicale de l’enfance. Il existe des rythmes biologiques ; il est, par exemple, entendu que l’enfant est plus disposé à apprendre à certains moments de la journée. Mais ce constat ne doit pas occulter la dimension sociale et spécifiquement humaine de l’enfant. Or, tout le débat s’appuie sur un présupposé erroné : la réduction de l’enfant au seul registre naturaliste du « développement ».