Jean-Marc Barr. L’électron libre
© Christophe Boulze pour PM
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Cet article est issu du numéro 5 de Philosophie magazine « 5 - hiver 2006 », en kiosque le 07 décembre 2006. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Devenu une icône avec le succès mondial du Grand Bleu, ce révolté a trouvé dans la philosophie et le cinéma de Lars von Trier le moyen de s’émanciper.
Il parle beaucoup, avec ses mains souvent. Il écoute encore plus, avec ses yeux presque toujours. Mais on s’essouffle à suivre Jean-Marc Barr. Faut-il le pister en Allemagne où il est né, en Virginie dans la villa blanche de sa petite enfance, à Montreuil dans cette HLM qu’il habita en 1968, à San Diego en Californie ? Doit-on le chercher à Londres, jeune homme en quête de théâtre, à Paris, étudiant amoureux de savoir, à Copenhague avec Lars von Trier, son cinéaste et son ami, ou alors dans cet espace lumineux en surplomb d’un espace mort dont un panneau indique qu’il fut « l’usine » ? C’est son « chez-lui » parisien. Jusqu’à quand ? Cet homme incarne le refus des frontières. Américain par son père, il raconte, en riant, qu’il a gardé des États-Unis le « complexe de supériorité », mais affirme qu’il ressemble à sa mère française et catholique. Dans le fond, il est un immigré à vie, Américain en Europe, Français aux États-Unis. Partout… ou nulle part chez lui ?