Hors-série "La puissance des femmes"

Juana Inés de la Cruz, l’ambition de savoir

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Cet article est issu du Hors-série n°N° 43 de Philosophie magazine « La Puissance des Femmes. Une autre histoire de la pensée », en kiosque le 17 octobre 2019. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Née dans la campagne du Nouveau Monde espagnol, rien ne destinait Juana Inés de la Cruz à devenir l’un des esprits les plus brillants de la cour du vice-roi du Mexique. Rien, hormis une avidité de savoir, une volonté inflexible et un goût farouche pour l’indépendance.

 

Juana Inés de la Cruz naît en 1648 à San Miguel Nepantla, petite ville de Nouvelle-Espagne (actuel Mexique). Sa mère, propriétaire terrienne, resta célibataire toute sa vie. Dès l’âge de 3 ans, Inés apprend à lire et maîtrise bientôt les rudiments du latin, du grec et du nahuatl, une langue amérindienne (elle restera choquée par le comportement belliqueux des colons espagnols). À sa mère qui lui explique que l’université est interdite aux femmes, elle rétorque qu’elle se déguisera en homme. Vers 1660, elle quitte la campagne pour Mexico, où elle se forme aux sciences (philosophie, mathématique, théologie, astronomie, musique) et se fait vite remarquer par ses poèmes comme par son intelligence. Le vice-roi, Antonio Sebastián de Toledo, désireux de tester la jeune prodige de 17 ans, la fait interroger par plusieurs juristes, théologiens et philosophes. Elle s’en acquitte brillamment et est introduite à la cour.
 

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