Clivages

Juste / pas juste

Pierre-Henri Tavoillot publié le 3 min

Si la justice revient à attribuer à chacun ce qui lui revient, il est difficile de satisfaire tout le monde… À quels critères doit-elle répondre dans ce cas ? Le mérite, le talent ou le besoin ?

« C’est pas juste ! » Voilà sans doute le tout premier jugement moral prononcé par l’enfant. L’adolescent d’aujourd’hui y ajoutera un adverbe étrange, mais pas absurde : « C’est trop pas juste ! » Ce qui montre assez que, si l’on ne sait jamais (trop) bien ce qu’est la justice, on parvient de manière beaucoup plus rapide et spontanée à s’accorder sur l’injustice. Et pourtant, définir positivement la justice n’est pas impossible car, depuis Aristote au moins, on dispose d’une définition qui, une fois n’est pas coutume, fait largement consensus. Le philosophe grec l’avait définie comme la vertu qui consiste à attribuer à chacun ce qui lui revient. Le droit romain reprendra l’idée dans une formule célèbre : Suum cuique tribuere (« donner à chacun le sien »). Ce qui permet de voir que, pour que la question de la justice se pose, il faut à la fois une certaine rareté et la nécessité d’un partage : bref, il faut qu’il n’y en ait pas pour tout le monde.

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Joie d’aimer, joie de vivre
À quoi bon l'amour, quand la bonne santé, la réussite professionnelle, et les plaisirs solitaires suffiraient à nous offrir une vie somme toute pas trop nulle ? Depuis le temps que nous foulons cette Terre, ne devrions nous pas mettre nos tendres inclinations au placard ?
Pas si vite nous dit Spinoza, dans cet éloge à la fois vibrant, joyeux et raisonné de l'amour en général.
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