Plan de bataille

La bataille de la Somme, une offensive meurtrière… et peu probante

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Cet article est issu du Hors-série n°64 de Philosophie magazine « L'art de la guerre », en kiosque le 13 mars 2025. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

L’offensive de la Somme au 1er juillet 1916 doit permettre aux troupes franco-britanniques de percer les lignes allemandes. Foch, sur ordre de son chef le maréchal Joffre, tente de mettre en œuvre sa « méthode scientifique », qui passe par un usage intensif de l’artillerie. Ce sera une hécatombe côté alliés : au soir de la bataille, les Britanniques ont déjà perdu 20 000 hommes et comptent près de 40 000 blessés. De l’autre côté des lignes, le lieutenant Ernst Jünger et ses hommes subissent le bombardement dans une cave face au cimetière de Combles. Au sortir de la guerre, le jeune homme de 24 ans, blessé quatorze fois, racontera ce qu’il a vécu comme une « expérience intérieure » et décrira la bataille comme « une morphine ».

Sous les bombes, un « carnaval d’enfer », le témoignage d'Ernst Jünger

Les premiers obus ne tardèrent pas à tomber sur la droite et la gauche de notre chemin. Les conversations baissèrent de ton, puis cessèrent enfin. Chacun prêtait l’oreille au long miaulement des obus, avec cette étrange surexcitation des sens qui donne à l’ouïe la plus vive acuité. Ce fut surtout la traversée de Frégicourt-Ferme, un hameau, devant le cimetière de Combles, qui nous mit pour la première fois à l’épreuve. La poche qui se resserrait autour de Combles y était déjà étranglée à l’extrême. Quiconque voulait entrer dans la ville ou en sortir était contraint d’y passer, de sorte que cette artère vitale était soumise sans interruption au plus lourd des martèlements, semblable aux rayons que concentre une lentille. Le guide nous avait déjà préparés à ce passage tristement célèbre ; nous le traversâmes au pas de gymnastique sous la grêle des éclats.

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