Amok
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Cet article est issu du numéro 67 de Philosophie magazine « 67 - mars 2013 », en kiosque le 21 janvier 2013. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
C’est le nom d’une crise de folie meurtrière, autrefois redoutée en Asie du Sud-Est. Un mal qui sévit encore aujourd’hui?
En malais, « amok » désigne une crise de folie meurtrière qui s’empare d’hommes jeunes ayant subi une humiliation. L’homme reste longtemps perdu dans la contemplation de son kriss, ce poignard caractéristique en forme de serpent. Calmement, il s’emmaillote le corps de bandelettes de toile, bien serrées sur plusieurs épaisseurs, jusqu’à se constituer une sorte d’armure. Puis il s’élance au dehors en s’écriant : « Amok ! » Et de son arme, il éventre toute personne, tout animal, qu’il trouve sur son passage et termine généralement sa course face à un homme armé qui parvient à le tuer. C’était si fréquent en Malaisie, en Indonésie ou dans les Philippines que l’on avait installé au coin des rues, de longues fourches permettant de tenir à distance un éventuel coureur d’amok. On trouve déjà la description de ces crises dans l’épopée malaise Hikayat Hang Tuah, compilée au XVIIe siècle et en partie véridique. Le héros Hang Tuah assiste impuissant à la crise de son frère d’armes, Hang Djebat, qu’il finira par tuer de ses propres mains. Quant au mot « amok », il vient probablement de l’arabe classique ‘hamok, qui signifie « fou ».