Écologie / Épidémie

La nature vierge, nourricière ou meurtrière ?

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La nature vierge, nourricière ou meurtrière ?

(cc) Unsplash / Greg Becker

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Cet article est issu du numéro 97 de Philosophie magazine « Peut-on choisir ses désirs ? », en kiosque le 18 février 2016. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Zika, Ebola ou sida, les virus les plus virulents de ces dernières années se sont propagés du fait de l’exploitation massive des forêts. De quoi douter de l’idée de la nature vue comme un éden merveilleux, chère à Rousseau ou à Thoreau ?

Le 1er février dernier, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a réuni son comité d’urgence pour faire face à la propagation « explosive » du virus Zika, qui toucherait de 3 à 4 millions de patients dans le monde cette année. Il n’est pas anodin que le virus porte le nom de la forêt ougandaise où il a été identifié pour la première fois en 1947 : « Les pathogènes dont l’émergence est actuellement directement associée aux forêts représentent environ 15 % des maladies infectieuses émergentes, sans compter celles qui se sont échappées de la forêt et ne se maintiennent que par transmission d’homme à homme, dans un cycle indépendant des forêts, comme le sida », explique un rapport des Nations unies publié en 2005. Qu’ils travaillent pour le compte d’entreprises à la recherche de bois ou de minerais, ou qu’ils soient déplacés par les guerres civiles et en quête d’une terre à cultiver, les hommes qui défrichent les forêts vierges décapsulent de véritables réservoirs à bactéries et à virus. Privés des ressources de la forêt, des animaux porteurs d’éléments pathogènes mal connus se déplacent vers les habitations : c’est ce qui s’est passé en décembre 2013 lorsqu’une chauve-souris frugivore a infecté la première victime d’Ebola, âgée de 2 ans.

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