Brésil / Éthique
Virus Zika : un bon moustique est un moustique mort ?
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Cet article est issu du numéro 100 de Philosophie magazine « Qu’est-ce que la philosophie ? », en kiosque le 26 mai 2016. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Modifier génétiquement ou supprimer les moustiques pour vaincre cette épidémie qui menace plusieurs millions de personnes, voilà le dilemme auquel est confronté l’homme dans sa lutte contre ce fléau.
« Sais-tu quel est l’animal le plus meurtrier ?
— Euh… pas vraiment. Le lion ?
— Eh bien ! c’est le moustique ! À travers les maladies qu’il transmet à l’homme, comme le paludisme, il est à l’origine de près de 800 000 morts par an. Devant l’homme responsable, lui, de 475 000 homicides par an. Il est loin devant le serpent (50 000), le lion (100) et enfin le requin (10). Actuellement, c’est le virus Zika – découvert dans la forêt du même nom en Ouganda en 1947 et dont est porteur l’espèce appelée Aedes aegypti – qui suscite de nombreuses craintes. On le croyait inoffensif. Mais depuis qu’il a franchi l’Atlantique et qu’il s’est implanté au Brésil l’année dernière, Zika s’est révélé une terrible menace. Alors qu’il se diffuse à une vitesse exponentielle – il aurait déjà contaminé 1,5 million de personnes au Brésil et pourrait toucher 3 à 4 millions d’Américains –, il est maintenant établi qu’il peut entraîner des cas de microcéphalie du fœtus chez la femme enceinte et des désordres neurologiques auto-immunes. La contamination est circonscrite à l’Amérique latine, mais elle pourrait se muer en une pandémie mondiale. En février, l’Organisation mondiale de la santé a décrété un état d’urgence de santé publique internationale. Dans l’attente d’un vaccin, des laboratoires travaillent sur des moustiques génétiquement modifiés.