La galaxie Thoreau

Thoreau, l’esprit pionnier

Temps de lecture : 4 min

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article est issu du numéro 139 de Philosophie magazine « 139 - juin 2020 », en kiosque le 13 mai 2020. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

En renouvelant le regard porté à la nature, Thoreau inaugure une tradition philosophique américaine privilégiant l’expérience aux concepts. Prônant une forme de sobriété subversive au pays du capitalisme triomphant, il reste une référence majeure pour nombre d’hommes et de femmes d’engagement.

Ceux (et ce) qu’il a lus

Homère (VIIIe siècle av. J.-C. ?) 

Thoreau retient du poète antique le sens du cosmos, cette idée d’un ordre de l’Univers dont nous faisons partie. À rebours de la tradition chrétienne qui attribue l’immortalité à l’homme, il renoue avec l’idée d’une éternité du cosmos : évoquant le vol d’un moustique, il affirme que « c’était le requiem d’Homère ; une Iliade, une Odyssée dans l’air […]. Il y avait là quelque chose de cosmique ; une annonce, toujours vraie que la terre est éternellement fertile et forte » (Walden).

Les écoles grecques (IVe siècle av. J.-C.) 

Épicurisme ou stoïcisme… Pour ces écoles, philosopher n’avait de sens que dans une conversion spirituelle et existentielle. Même s’il ne les cite guère, Thoreau est nourri par leur lecture. Comme le souligne Pierre Hadot dans ses Exercices spirituels : « Thoreau a voulu […] s’adonner à un certain mode de vie philosophique qui comportait à la fois le travail manuel et la pauvreté. Nous comprenons mieux […] ce choix de vie si nous le comparons au mode de vie philosophique que s’imposaient les philosophes antiques. » 

La Bhagavad-Gita (Ve-Ier siècle av. J.-C.)

Cet article est réservé aux abonnés