Excluons d’emblée les réponses 3 et 4 : l’eau tombe, à n’en pas douter ! Un petit malin pourrait objecter qu’il s’agit là d’une image, instantanée, et que, par conséquent, aucune partie de cette image ne tombe, mais cette image représente de l’eau qui tombe.
Ceci laisse malgré tout en suspens une seconde question : la cascade tombe-t-elle également ? Première réponse, intuitive : puisque la chute d’eau est constituée d’eau qui tombe, elle tombe. Il faut cependant établir une distinction : la cascade est constituée d’eau, mais cela ne signifie pas que la cascade et l’eau qui la constituent sont la même chose. Considérons une analogie qui remonte à Aristote : une statue et l’argile qui la constitue ne sont pas la même chose. Si le gros orteil gauche de la statue se casse et qu’on le remplace, alors la matière constituant la statue aura changé, mais il s’agira toujours de la même statue. De la même manière, l’eau qui constitue la cascade change sans cesse, mais cette dernière reste la même. La chute d’eau n’est donc pas la même chose que l’eau qui la constitue. Il n’est donc pas absurde de dire que l’eau et la cascade n’ont pas le même mouvement.
La chute d’eau va pourtant se déplacer, non à la verticale, mais à l’horizontale : au cours des années, elle va creuser son cours au sein de la roche qui la supporte. La réponse la plus cohérente serait donc 2.
Pour en savoir plus, vous pouvez lire (en ligne et en anglais) l’article des spécialistes d’ontologie Antony Galton et Riichiro Mizoguchi : « The Water Falls but the Waterfall Does not Fall » (« L’eau tombe mais pas la cascade », Applied Ontology, 01/2009).