Cinéma

Platon lave plus blanc

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Cet article est issu du numéro 127 de Philosophie magazine « L’étrange logique de la mémoire », en kiosque le 21 février 2019. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Le cinéaste Denys Arcand poursuit sa fresque d’un monde désenchanté près de trente ans après “Le Déclin de l’empire américain”. Il réalise “La Chute de l’empire américain”, une fable philosophique sur l’argent, aux airs de film policier.

Imaginez Socrate optimisant ses souverains biens dans un paradis fiscal. Platon qui blanchit. Aristote offshore, en pleine chrématistique. Le cinéaste Denys Arcand s’est amusé à réaliser une fable sur l’argent, dans un film qui succède à ceux sur l’amour (Le Déclin de l’Empire américain) et sur la mort (Les Invasions barbares). Docteur en philo, Pierre-Paul (Alexandre Landry) trime pour une société de livraison à Montréal, quand un hold-up tourne mal sur un parking. Deux sacs remplis de dollars – plusieurs millions – tombent à ses pieds et notre intello d’hésiter une seconde avant de les fourrer presto dans son camion. Débute alors une équipée philosophique digne d’un polar. L’aventure embarque une escort girl de luxe lectrice de Racine (Maripier Morin) et un ex-taulard versé dans la finance (l’excellent Rémy Girard). Le cinéaste, jamais manichéen, déjoue les clichés. Avec cette expérience de pensée – où le philosophe deviendrait multimillionnaire, et donc roi ici-bas –, le réalisateur rêve que l’argent ne soit pas intrinsèquement corrupteur.

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