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La confiance numérique à l’ère du covoiturage

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La confiance numérique à l’ère du covoiturage

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Cet article est issu du numéro 101 de Philosophie magazine « L’instant présent. Attrape-le si tu peux ! », en kiosque le 16 juin 2016. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

« Croire les autres pour acquérir de l’information est l’une des pratiques les plus courantes dans notre vie cognitive. Sans cette immersion permanente dans la vie sociale, sans ce partage de travail cognitif avec nos semblables, notre vie mentale ne serait pas très différente que celle des animaux, affirme Gloria Origgi, auteure de Qu’est-ce que la con­fiance ? (Vrin, 2008). Très souvent les raisons que nous avons de croire les autres ne nous sont pas claires. »

« En nous connectant aux nouveaux réseaux digitaux de confiance, nous augmentons la confiance à une échelle qui eût été précédemment inimaginable »

Arun Sundararajan

À suivre l’étude publiée par la NYU Stern – l’école de commerce de l’Université de New York – et la plate­forme numérique française BlaBlaCar – leader mondial des applications de covoiturage – sur l’évolution de la confiance à l’âge du digital, on prend la mesure que le numérique creuse l’énigme de la confiance. Et que les « injustices ou les erreurs épistémiques » risquent de se multiplier dans les années à venir. Réalisée auprès de 18 289 « covoitureurs » dans onze pays, l’étude vise à mesurer la confiance que peuvent se faire des étrangers qui décident de partager un trajet dans la voiture de l’un ou l’autre. Or, elle met au jour un degré très élevé de cette confiance numérique ! Arun Sundararajan, professeur à la NYU Stern et spécialiste de l’économie du partage ayant dirigé l’enquête, explique : « En nous connectant aux nouveaux réseaux digitaux de confiance, nous augmentons la confiance à une échelle qui eût été précédemment inimaginable. Et le plus étonnant, c’est que nous augmentons la confiance interpersonnelle, celle qui existait dans les petits villages et les petites communautés. » Après une époque où la technique et l’économie ont tendu à desserrer les liens interpersonnels, la confiance digitale permettrait de réintégrer les relations personnelles dans les échanges, qu’il s’agisse d’aller au travail, de trouver un logement ou de partager une compétence. Deuxième apport de cette enquête : il apparaît que la confiance se construit. « En utilisant une plateforme, poursuit Arun Sundararajan, l’individu se prépare à aller en confiance sur d’autres plateformes » et la confiance « se disperse » d’une plateforme à l’autre selon un processus de construction du « capital confiance » fondé sur les évaluations données lors des précédentes interactions et qui permettent d’évaluer la fiabilité des acteurs. Sachant que des évaluations négatives peuvent vous faire perdre tout crédit.

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