Monde / Écologie
La croisade de Greta Thunberg
(cc) Wikimedia Commons / European Parliament from EU - Greta Thunberg at the Parliament
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Cet article est issu du numéro 134 de Philosophie magazine « Pourquoi sommes-nous si fatigués ? », en kiosque le 24 octobre 2019. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Admirée par les jeunes du monde entier et accusée par certains de propager une idéologie de la peur, cette Suédoise de 16 ans au visage enfantin s’inscrit en réalité dans une longue tradition de radicalisme qui remonte aux puritains du XVIIe siècle.
C’est le nouveau visage de l’engagement et la nouvelle icône d’une génération que l’on qualifiait d’apolitique. Depuis qu’elle s’est lancée dans une grève pour le climat devant le Parlement suédois, la jeune fille de 16 ans a convaincu toute une frange de la jeunesse mondiale de suivre son exemple chaque « vendredi pour le futur » et fait vibrer son ardeur militante – rapports du Giec à l’appui – dans les grands cénacles du monde, de Davos aux Nations unies. Pressentie pour le prix Nobel de la paix, cette adolescente, qui parle au nom de l’enfance et met en accusation l’incurie des adultes face à la menace d’apocalypse écologique, sidère les uns, irrite les autres, quand elle ne provoque pas les soupçons de manipulation. En France, le philosophe Michel Onfray ne l’a pas ménagée : « cyborg suédoise », « intelligence artificielle et ventriloquée », « bouche du nouveau capitalisme vert ». Tandis que Pascal Bruckner a convoqué Platon pour dénoncer la « dangereuse propagande de l’infantilisme climatique » et l’idéologie de la peur : « Outre son Asperger qu’elle affiche comme un titre de noblesse, son visage terriblement angoissant semble nous dire, si vous ne le faites pas pour la planète, faites-le au moins pour moi. »