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“La Diplomate”, saison 3 : métaphysique du couple

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“La Diplomate”, saison 3 : métaphysique du couple

“La Diplomate”, avec Keri Russell et Rufus Sewell. © Liam Daniel/Netflix

Quand elle a vu débarquer La Diplomate sur Netflix, il y a deux ans, notre journaliste Ariane Nicolas a levé un sourcil : encore une série sur les coulisses de l’exécutif américain… Pourtant, la saison 3 change tout – et révèle une fascinante réflexion sur le couple, au sens le plus large du terme. Découvrez pourquoi, et comment, dans notre recommandation culturelle hebdomadaire.


 

Ce texte est extrait de notre newsletter hebdomadaire « Par ici la sortie » : trois recommandations culturelles, éclairées au prisme de la philosophie, chaque vendredi soir. Abonnez-vous, elle est gratuite !

 

« Fan des shows À la Maison-Blanche (The West Wing), Veep et House of Cards, je me demandais ce que La Diplomate aurait à apporter de neuf – et redoutais un vrai-faux exercice d’autocritique de la part d’une production dont la visée réelle serait de redorer le blason américain. Après deux premières saisons sans fulgurances, la saison 3 révèle enfin son potentiel. Ce n’est pas tant l’analyse géopolitique, assez classique, qui m’a séduite, que la réflexion sous-jacente sur la notion de couple. Des couples, il y en a partout ici : le duo principal bien sûr, Kate et Hal Wyler, ambassadrice à Londres et ancien ambassadeur en Irak, power couple qui gère une crise diplomatique liée à la mort de soldats britanniques ; le couple institutionnel présidence-vice présidence, décisif pour l’intrigue ; des petits couples amoureux qui se font et se défont au gré des aléas de la vie ; et à plus grande échelle, le couple formé par les États-Unis et le Royaume-Uni, “deux nations séparées par une même langue”, selon un mot d’esprit célèbre. La série semble défendre l’idée que le couple structure tout ce qui existe : l’Être comme la société ne sont jamais réductibles à une parfaite unicité. Tout est toujours double, dual, apparié. Et donc potentiellement conflictuel... On pourrait faire une longue histoire de la philosophie en opposant deux camps : les philosophes qui pensent qu’à l’origine, l’être est “un”, substance indivisible qui existe par soi-même ; et ceux pour qui il est “deux”, toujours en relation, à l’intérieur ou à l’extérieur de soi. Pensez à Parménide contre Héraclite, Aristote contre Platon, Descartes contre Locke, Kant contre Hegel... À travers des dialogues et un jeu d’acteur très justes, La Diplomate apporte sa petite pierre à l’édifice. La diplomatie, ou l’art de la dialectique en situation ! »

 

La Diplomate, série américaine de Debora Cahn, avec Keri Russell, Rufus Sewell, David Gyasi. Saison 3 disponible sur Netflix.