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“En thérapie” en 9 grands concepts de la psychanalyse

Temps de lecture : 11 min

“En thérapie”, saison 2. De g. à dr. et de haut en bas : Suzanne Lindon, Jacques Weber, Eye Haidara, Charlotte Gainsbourg, Frédéric Pierrot et Aliocha Delmotte

“En thérapie”, saison 2. De g. à dr. et de haut en bas : Suzanne Lindon, Jacques Weber, Eye Haidara, Charlotte Gainsbourg, Frédéric Pierrot et Aliocha Delmotte. © Manuel Moutier

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La saison 2 de la série En thérapie créée par Éric Toledano et Olivier Nakache est diffusée sur Arte depuis le 7 avril. Cinq nouveaux personnages y font leur apparition, tous partageant leurs secrets et leurs difficultés à vivre pleinement leur vie, d’autant que les séances ont lieu peu après le très rude confinement du printemps 2020. Chaque patient incarne, comme dans la saison 1, un concept important de la psychanalyse, ce qui en fait une série pédagogique – en plus d’être divertissante. Éclairage.

 

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Saison 1 : Paris, automne 2015, au lendemain des attentats du Bataclan

Ariane et le transfert

Ariane (Mélanie Thierry) est une jeune chirurgienne passionnée. Immédiatement après les attentats du Bataclan, elle a enfilé sa blouse pour venir en aide aux victimes. Alors qu’elle partage son effroi au docteur Dayan (Frédéric Pierrot), une envie irrépréssible la pousse à révéler quelque chose : elle rêve de faire l’amour avec son thérapeute. Cette parole fait l’effet d’une bombe sur l’analyste qui ne sait plus très bien comment gérer la cure analytique.

En psychanalyse, le transfert désigne « le processus par lequel les désirs inconscients s’actualisent sur certains objets dans le cadre d’un certain type de relation établi avec eux et éminemment dans le cadre de la relation analytique » (Vocabulaire de la psychanalyse, Jean Laplanche et Jean-Bertrand Pontalis, 1967). Le cadre de l’analyse (silence, retrait dans le fauteuil, effacement de l’analyste, accès au rêve, qui, pour Sigmund Freud, sont l’expression de l’inconscient, et plus précisément des désirs inconscients du patient…) est propice à ce type de projection sur l’analysant. Dans le transfert, il s’agit d’une réactualisation, par répétition, d’une représentation liée à l’enfance. Selon Freud, « c’est une chose bien étrange que le patient réincarne dans son analyste un personnage du passé ». Il y a un revers au transfert : c’est le contre-transfert, qui est une sorte de réponse de l’inconscient du psychanalyste à un transfert d’un patient et qui le touche personnellement. Le patient rappelle ainsi un personnage du passé du thérapeute.

Ariane questionne son désir pour son thérapeute : est-ce un véritable sentiment amoureux ou s’agit-il bien d’un transfert ? Le silence du docteur Dayan est encore plus pesant.

 

Adel et le refoulement

Extrêmement méfiant vis-à-vis de la psychanalyse, Adel Chibane (Reda Khateb) rechigne à parler au docteur Dayan. Pourtant, policier à la Brigade de recherche et d’intervention (BRI), il est sévèrement affecté par les attentats de 2015. En première ligne pour neutraliser les terroristes, il était au milieu des cadavres lors de l’intervention… Au cours d’une séance, dans un dédale de paroles libérées, il en vient à se souvenir d’une photo dans la maison familiale dont la scène se passe durant son enfance en Algérie et qu’il a tenté d’oublier.

Le refoulement est une réaction psychique dont l’objet est d’empêcher une pulsion, auquel s’est attachée une représentation, de devenir consciente. Si « l’essence du refoulement ne consiste qu’en ceci : mettre à l’écart et tenir à distance du conscient » (Freud, Métapsychologie), c’est que la pulsion refoulée provoquerait plus de déplaisir que de plaisir si elle était satisfaite. Le refoulement recouvre en partie la notion de « défense ». Il n’est pas une suppression de la représentation de la pulsion, mais insiste et continue à être actif. Freud distingue trois phases du refoulement : le refoulement originaire (processus par lequel se forme un premier noyau d’inconscient ayant pour rôle de devenir le pôle d’attraction de refoulements ultérieurs), puis le refoulement proprement dit ou refoulement après-coup (processus de formation d’éléments refoulés, sous la double contrainte du refoulement originaire et du surmoi) et, enfin, le retour du refoulé (processus par lequel les éléments refoulés, toujours actifs, réapparaissent sous forme de compromis).

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