Diplomatie
États-Unis / Chine : bilatéralisme inédit ou guerre froide 2.0 ?
Le vice-président des États-Unis Joe Biden au sortir de la International Studies Learning School de Southgate (Los Angeles, USA), dont il vient de présenter les infrastructures à Xi Jinping, en visite d’État en Californie, le 17 février 2012. © AFP Photo/Frederic J. Brown
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Un texte anonyme d’un diplomate américain fait grand bruit au moment où Joe Biden arrive au pouvoir. Il conseille au président américain d’être à la fois réaliste et idéaliste face à une Chine de plus en plus agressive. Détient-il la recette miracle pour contenir les ambitions chinoises ? Analyse.
George F. Kennan estimait que le système soviétique pourrait finir par s’effondrer sous le poids de ses propres faiblesses, notamment les complications posées par la succession de ses dirigeants et la difficulté à gérer un territoire immense. L’auteur de « The Longer Telegram », lui, pense qu’une politique de containment de la Chine dans l’attente de sa chute se révélerait « extrêmement hasardeuse », Pékin ayant beaucoup réfléchi aux facteurs qui ont conduit l’URSS à sa fin. Il considère néanmoins que le cercle des dirigeants chinois est traversé par des fractures sur lesquelles il est possible de s’appuyer en vue d’une éventuelle succession de Xi Jinping. D’ici là, il prône l’adoption d’un mélange d’attitudes différentes : « Dissuasion stratégique, compétition, coopération et, quand nécessaire, confrontation ». Selon lui, Washington doit fixer des « lignes rouges » sur certains points (une attaque contre Taïwan ou les îles Senkaku, disputées au Japon, par exemple) et coopérer sur d’autres (le climat, l’espace, la stabilité financière mondiale...).