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Chine/États-Unis : le retour de la guerre froide ?

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Chine/États-Unis : le retour de la guerre froide ?

© Evgenia Novozhenina/Reuters

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Cet article est issu du numéro 140 de Philosophie magazine « 140 - juillet 2020 », en kiosque le 18 juin 2020. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Peut-on employer cette expression galvaudée pour désigner les relations entre la Chine et les États-Unis ? Réponse avec Raymond Aron.

Le mot est lâché : nous sommes « au bord d’une nouvelle guerre froide », prévient le ministre des Affaires étrangères chinois le 24 mai dernier. Le même jour, c’est Xi Jinping qui somme son armée de « réfléchir aux pires scénarios, d’intensifier l’entraînement et la préparation au combat ». Du côté américain, on passe des déclarations aux actes. Pour gêner les entreprises chinoises, il est décidé de remettre en question les traités diplomatiques accordant un statut commercial spécial à Hongkong. Par ailleurs, le 22 mai, pas moins de trente-trois nouvelles entreprises ou institutions chinoises ont été inscrites par les États-Unis sur une liste noire, car elles travailleraient pour l’armée chinoise ou participent à la répression de la minorité ouïgoure.

L’emploi de l’expression de « guerre froide » est-il excessif ? Si l’on s’en tient à la définition de Raymond Aron dans Paix et guerre entre les nations (1962), « la combinaison permanente de dissuasion, de persuasion et de subversion », la détérioration de la situation entre les deux pays n’est pas exactement une guerre froide. Mais d’un point de vue historique, l’analogie avec le conflit larvé qui a opposé Washington à Moscou tient la route, même s’il convient de nuancer.

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