France / International
Emmanuel Macron sous influence chinoise ?
Pékin, le 6 avril 2023. Emmanuel Macron et le président chinois Xi Jinping. © Xie Huanchi/Xinhua/AFP
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Cet article est issu du numéro 169 de Philosophie magazine « Complotisme. Pourquoi se raconte-t-on des histoires ? », en kiosque le 27 avril 2023. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
À son retour de Chine, le président français a affirmé que la France devait se tenir à distance de la guerre froide entre Washington et Pékin. Mais pouvons-nous nous passer du lien transatlantique ? Pour Raymond Aron, l’indépendance ne doit pas conduire à la rupture. Explications.
Emmanuel Macron est parti en Chine début avril pour tenter de briser le soutien de Xi Jinping à Vladimir Poutine. Qu’a-t-il obtenu ? Rien, à part la signature de contrats qui transfèrent des technologies. Le président chinois n’a pas condamné l’agression russe. Mais il a réussi à enfoncer un coin dans la solidarité transatlantique.
Emmanuel Macron a froissé ses alliés européens et anglo-saxons en suggérant que la France se tiendrait dorénavant à distance du conflit qui oppose les États-Unis et la Chine sur Taïwan. D’ailleurs, dès le départ de son homologue, Xi Jinping a lancé des manœuvres militaires autour de l’île rebelle, pour se venger de la visite de la présidente taïwanaise sur le sol américain. Le président français, dans un entretien accordé aux Échos le 9 avril, met d’abord sur le même plan l’unité de l’Europe et celle de la Chine, Taïwan comprise : « En tant qu’Européens, notre préoccupation est notre unité. » C’est aussi celle des Chinois. Ceux-ci « aussi sont préoccupés par leur unité et Taïwan, de leur point de vue, en est une composante ». Il utilise également des mots marquant un refus de s’engager avec les États-Unis : « La pire des choses serait de penser que nous, Européens, devrions être suivistes sur ce sujet et nous adapter au rythme américain et à une surréaction chinoise ». « Nous ne voulons pas entrer dans une logique de bloc à bloc », car nous deviendrions des « vassaux », insiste-t-il.