Cinéma

“La Femme qui en savait trop” : quand on n’a pas le choix de se taire

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“La Femme qui en savait trop” : quand on n’a pas le choix de se taire

“La Femme qui en savait trop”, un film de Nader Saeivar écrit par Jafar Panahi. © Arthood Films, Golden Girls Film, Sky Films

Notre journaliste Cédric Enjalbert a vu La Femme qui en savait trop, de Nader Saeivar et Jafar Panahi, en ce moment à l’affiche. Qu’est-on prêt à perdre au nom de la liberté ? C’est l’une des questions qu’illustre sans détours ce film iranien, qui suit notamment le destin d’une femme d’un certain âge en butte au régime inique des mollahs.


 

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« “Je ne peux pas me taire”, déclare sans ciller l’héroïne de ce film tourné clandestinement à Téhéran par le cinéaste iranien Nader Saeivar. Ce dernier a été le scénariste de son confrère Jafar Panahi, auprès duquel il a trouvé le courage de co-écrire La Femme qui en savait trop. Avec son titre hitchcockien, ce long-métrage construit comme une intrigue policière met en scène trois générations de femmes opprimées par le régime, et un meurtre. Il ménage une tension constante, portée par l’interprétation remarquable de l’actrice Maryam Boubani. Connue pour son engagement politique, l’actrice a été l’une des premières à retirer son hidjab lors du mouvement “Femme, Vie, Liberté”. Elle incarne ici Tarla, une femme âgée, engagée dans une quête de justice depuis qu’elle a été le témoin d’un féminicide. Enseignante, syndicaliste, elle a déjà sacrifié sa vie de famille et son confort pour défendre ses convictions. Mais jusqu’où ira-t-elle cette fois-ci pour faire valoir la vérité contre la violence du régime ? Qu’est-elle prête à perdre au nom de la liberté ? Où puise-t-elle finalement le courage de cet engagement ? Peut-être est-ce moins un raisonnement ou un risque calculé qui la pousse à agir, qu’un sentiment : celui d’être inéluctablement “embarquée”, d’être responsable en tant que “témoin” et de n’avoir pas le choix de se taire. »

 

La Femme qui en savait trop. Un film de Nader Saeivar écrit par Jafar Panahi. En salles.