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“La Fille qu’on appelle” : le consentement par-delà le “oui“ et le “non”
© Éditions de Minuit
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Le romancier Tanguy Viel publie en cette rentrée de septembre le roman La Fille qu’on appelle, aux Éditions de Minuit. Dans une petite ville de Bretagne, un maire manipulateur et sûr de son pouvoir installe une relation d’emprise psychologique et sexuelle avec une jeune femme à la recherche d’un appartement. À travers le malheur d’une victime que le droit échoue à reconnaître comme telle, le roman offre une lecture subtile de ce qui constitue le consentement.
La longue confession d’un suspect ou d’une victime devant un procureur ou la police, son monologue difficile, les mots mis sur les actes avec effroi et prudence, intéressent depuis toujours les romanciers.
Dans son précédent opus, Article 353 du code pénal (Minuit, 2017), Tanguy Viel avait montré comment la déposition sentimentale d’un homme, Martial Kermeur, pouvait infléchir la décision d’un juge, voire la retourner. Certes, c’était à la limite du crédible, mais Viel y était parvenu par la puissance de la voix de son personnage s’exprimant à la première personne du singulier : on comprenait que le juge se trouve en empathie avec l’assassin. Cette fois-ci, même construction narrative, mais c’est une jeune femme qui parle, Laura Le Corre, devant deux policiers. Comme Martial Kermeur, elle ne calcule pas, n’a rien préparé, elle décide d’être absolument sincère, d’être elle-même. Mais la recette ne fonctionne pas à tous les coups, surtout lorsqu’on est une femme face à des hommes : c’est la sincérité de sa parole qui va l’empêcher d’obtenir justice.