Le livre du jour
Tanguy Viel : trouble dans le consentement sur la côte bretonne
© Éditions de Minuit
La Fille qu’on appelle, dernier roman de Tanguy Viel, est un vrai succès de cette rentrée littéraire. C’est qu’on a fini par prendre rendez-vous avec les romans de Viel, comme c’était le cas autrefois avec les films de Claude Chabrol. Qu’il s’agisse de L’Absolue perfection du crime (Minuit, 2001), d’Insoupçonnable (Minuit, 2006), de Paris-Brest (Minuit, 2009) ou encore d’Article 353 du code pénal (Minuit, 2017), on s’attend à retrouver une atmosphère servie par des phrases en spirale : on sait qu’il y aura la Bretagne, les marées, les mouettes, du crachin iodé et une ville transformée en panier de crabes, avec ses notables et ses escrocs, ses apprentis malfaiteurs maladroits… Cependant, dans cette toile de fond presque prévisible, La Fille qu’on appelle introduit une nouveauté très contemporaine : quatre ans après l’affaire Weinstein, Tanguy Viel y démonte la mécanique de la domination masculine en mettant en scène l’affreux Quentin Le Bars, et montre, avec subtilité, les faiblesses du critère du consentement en matière de mœurs.
La Fille qu’on appelle, de Tanguy Viel, vient de paraître aux Éditions de Minuit. 176 p., 16€, disponible ici.