La glossophobie, c’est quoi ?
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Cet article est issu du numéro 130 de Philosophie magazine « Plaire, émouvoir, convaincre. L’art de l’éloquence », en kiosque le 29 mai 2019. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Plus de sept personnes sur dix avouent avoir peur de parler en public. Explications et remèdes à ce “mal de dire” avec la coach Perrine Hanrot.
D’où vient la peur de parler en public, ou glossophobie ?
Perrine Hanrot : La peur de parler est la somme de toutes nos incertitudes. Ce qui fait peur, c’est le nombre. Peur primitive, presque animale : face aux corps et aux regards de ceux à qui je m’adresse, je suis comme une proie devant une meute… Cette peur a des effets physiques concrets : montée d’adrénaline, accélération du rythme cardiaque, etc. Elle remplit une fonction précise : ces réactions physiologiques devaient me permettre, dans un autre contexte, de prendre la fuite ou de me battre. Il est donc important de les regarder avec un œil positif. Sur un plan social, c’est la question de la légitimité que l’on s’accorde à soi-même pour prendre la parole. Et bien sûr, la peur du jugement des autres qui tient au désir d’être parfait et de plaire. Il y a enfin la crainte des conséquences, particulièrement vive en milieu professionnel, avec la croyance que ce que vous dites peut nuire à votre statut, voire vous coûter votre place.